Très liée à l’identité d’une marque, la couleur est une composante essentielle de l’univers du retail. Elle forme, avec l’éclairage, un binôme indissociable, au service du produit ou d’un univers.
IA et retail Les centres commerciaux Nouvelle mobilité
Frédéric Delaval : SKYTECH est une PME industrielle spécialisée dans la transformation des plastiques issus du recyclage, en résines premium, directement employables par les industriels et les plasturgistes dans leur processus de production. Plus concrètement, nous achetons des gisements plastiques (DEEE ou démantèlements divers) à des recycleurs pour les valoriser. SKYTECH a en effet développé une plateforme de tri innovante, solidement brevetée, fruit de nombreuses années de R&D menées avec le soutien de l’ADEME. Une fois chez nous, ces plastiques sont donc nettoyés, retriés et broyés pour former une base dont les différents composants sont séparés en 3 plastiques techniques : ABS, PS, PP, utilisés par de nombreuses industries. Nous les incluons ensuite dans un processus de granulation qui permet de créer un polymère similaire aux polymères vierges issus de l’industrie pétrochimique (indice de pureté >99%).
F. D : L’automobile, le petit électroménager, le luxe, le design de mobiliers, les loisirs… Toutes ces industries utilisent des plastiques techniques et commencent à intégrer dans leur développement des plastiques régénérés issus du recyclage. En fonction des additifs que l’on ajoute – pour la résistance à la chaleur, aux chocs, à la lumière ou encore à la rayure…- et les différentes couleurs que l’on peut proposer, nous pouvons répondre aux besoins de chaque industrie.
F. D : Éviter d’utiliser de nouveaux plastiques vierges issus de l’énergie fossile ! Au lieu d’enfouir ou de brûler les plastiques, on les réutilise, pour leur donner une seconde vie. Le plastique réemployé représente 10 fois moins d’émission de gaz à effet de serre. SKYTECH est également un acteur de la réindustrialisation des territoires puisqu’elle a inauguré sa principale usine de production en Normandie au Val d’Hazey.
F. D : Nous travaillons depuis plusieurs années avec des acteurs du retail sportif, sur différentes parties d’équipement de vélo par exemple, en apportant la matière recyclée à leur propre fournisseur. La demande est croissance dans ce secteur, à l’image de Decathlon qui a annoncé en mars 2022 un changement stratégique de la marque et des investissements non négligeables dans les matières recyclées. Cette orientation forte, pour un grand acteur du retail sportif, est très encourageante. Et sans doute inspirante pour d’autres acteurs. Nous travaillons aussi pour plusieurs acteurs tricolores spécialisés dans le petit électroménager. Nous leur fournissons des pièces très spécifiques.
F. D : Les flacons de parfum, par exemple, qui sont souvent l’assemblage de plusieurs matières, peuvent facilement incorporer des matières recyclées. Ces dernières sont très techniques : on peut travailler leur forme, ajouter de la couleur…mais aussi intégrer une volumétrie et une répétitivité importantes, lorsqu’on a les bons gisements d’approvisionnement.
F. D : Le référentiel reste certes le référentiel pétrochimique traditionnel mais beaucoup d’entreprises essaient d’utiliser davantage de plastiques recyclés pour développer leurs produits, dans une logique d’éco-design, soit en incorporant des pièces entièrement composées de plastiques recyclées, soit en utilisant des mélanges. Le défi pour SKYTECH est de proposer une qualité égale voire supérieure à certains plastiques vierges et un coût identique ou moindre. Nous devons aussi être en capacité de partager clairement le bilan environnemental de l’usage de ces produits. Avec ces trois bénéfices bien en tête, les entreprises volontaristes envisagent plus facilement d’appliquer une politique RSE plus engagée. Pour la majorité, il faut bien l’avouer, c’est la contrainte réglementaire qui motive à intégrer des matières plastiques recyclées dans les produits. Mettre en place un nouveau cycle de qualification représente en effet un coût, ce qui explique que les matières recyclées soient plus facilement envisagées au début d’un projet. Quoiqu’il en soit, en 2050, les objectifs de la communauté européenne fixent le taux de 35% de plastiques sourcés à partir de matières fossiles. Le reste devra provenir de différentes sources comme le bio-plastique, la réutilisation, le recyclage mécanique… Les industriels doivent donc commencer dès à présent à repenser leur processus de production.